C'était il y a quelques années. La France était devenue l'une des meilleures nations en bobsleigh. Bruno Mingeon et ses complices Emmanuel Hostache, Eric Le Chanony et Max Robert montaient sur le podium olympique à Nagano puis enchaînaient avec deux couronnes mondiale et continentale. Stupeur ! Les Bleus devenaient les maîtres d'une discipline si peu pratiquée dans notre pays au nez et à la barbe des spécialistes. Quelques années ont donc passé. Les souvenirs ne sont pas évoqués au coin du feu. Le groupe France continue de travailler en prévision désormais de la prochaine échéance olympique. Avec un nouveau groupe et en toute sérénité. «
Pour Turin, nous avons déjà réussi les minimas olympiques, confie Patrick Faure, directeur des équipes de France.
Un équipage en bob à deux et un autre en bob à quatre sont déjà qualifiés. Maintenant, on va essayer de sélectionner un autre équipage. Notre objectif actuel : retrouver notre niveau préparatif de 2002 au niveau des pousseurs.» L'équipe de France possède déjà un pilote, Bruno Mingeon, qui a relevé un nouveau défi olympique, le cinquième de sa carrière. Reste maintenant à compléter les bobs. Quatre pousseurs partiront à Turin. Il y a six candidats : Christophe Fouquet, Stéphane Galbert, Pierre-Alain Menneron, Alexandre Vanhoutte, Loïc Rubio et David Rolet. En bobsleigh, le pousseur est un athlète rare. «
Il faut quelqu'un qui court vite, le 100 mètres en moins de 10''50, mais qui possède aussi un gabarit puissant, 100 kilos au plus», analyse le patron de la sélection.
La saison, l'équipe de France l'a débutée durant l'été à l'occasion d'une préparation en Allemagne, jugée positive. «
Nous nous sommes mesurés aux Suisses. Cela nous a permis de voir où nous nous situons à l'heure actuelle», constate Bruno Mingeon. Place désormais à la Coupe du monde. Les premiers rendez-vous ont lieu à Calgary (Canada) - à partir du 5 novembre - puis Lake Placid (Etats-Unis). «
Ce sera dur, comme au commencement de chaque année olympique car tout le monde sera affûté, poursuit le champion du monde français.
Pour le moment, je ne pense pas trop aux Jeux. Tout va dépendre de la saison et de la confiance que cela engendrera. On verra course après course. Disons qu'aux Jeux, on souhaite être dans le Top 6, c'est-à -dire être au niveau des équipes qui seront sur le podium.» «
Pour Turin, nous restons modestes, constate Patrick Faure.
Nous ne sommes pas les favoris. Mais nous avons déjà gagné en ne l'étant pas.» Bruno Mingeon disputera en plus ses derniers Jeux. A 38 ans, le pilote s'accorde éventuellement la possibilité de continuer encore une saison jusqu'aux Mondiaux de 2007. Mais le bobsleigh fait partie de sa vie. Sa reconversion y sera mêlée. Mingeon aimerait rester dans l'encadrement de son club.
Alors justement le bobsleigh en France, qu'en est-il réellement ? Les récompenses décrochées voilà quelques années ont-elles contribué au développement ? «
Cela a montré que la France pouvait gagner, répond Patrick Faure.
Les athlètes ont pris davantage confiance. Et notre statut de sportif de haut niveau a été reconnu par les institutions et les médias.» Quelques regrets toutefois : après les Jeux de Salt Lake City, le deuxième bob à quatre français dirigé par Bruno Thomas a disparu, faute de moyens. Pour la Coupe du monde qui débute prochainement, deux bobs à deux et un à quatre seront engagés en Amérique du Nord. Un deuxième équipage à quatre viendra les rejoindre en Europe. Mais aujourd'hui, les pratiquants ne sont pas nombreux. On recense une dizaine de clubs pour environ trois cents licenciés. Il n'existe qu'une seule piste, celle de La Plagne, qui a vu le jour pour les Jeux d'Albertville en 1992.
Et les femmes ? Le bob féminin est sport olympique depuis 2002 avec une épreuve en équipage de deux athlètes. C'est simple : il n'y a pas d'équipe de France. «
La politique de la fédération est de laisser le niveau des clubs monter», confie Patrick Faure. Dans notre pays, peu de filles pilotent un bobsleigh. Cathy Marie, une ancienne joueuse de hockey sur glace, est l'une d'elles. Comment a-t-elle débuté ? «
Je suis une fan de vitesse. Il y avait une certaine prise de risque. J'ai voulu essayer.» Cela fait onze ans qu'elle pratique désormais, dont six comme pilote. Mais la discipline au féminin est toujours aussi discrète. Par exemple, il n'y a pas de Championnats de France, parce qu'il n'y a pas assez d'équipages. Cathy Marie vit donc sa passion sur les pistes de la Coupe d'Europe. Son meilleur résultat ? Une quatrième place en 2002-2003. Chez les jeunes, ça pousse également un peu. Quelques pilotes tapent à la porte de l'équipe de France. Quatre d'entre eux étaient en course pour intégrer un bob en Coupe du monde : Michaël Serisé, Patricio Arilotta, Dimitri Godefroy et Laurent Unternarher. C'est le premier nommé qui a été choisi.

Deux semaines après la fin des Jeux olympiques, la flamme va à nouveau briller sur...




Mise à jour de votre statutVotre statut a bien été modifié et est désormais visible par tout vos amis. |
||
Navigateur non compatiblePour utiliser les fonctionnalités de Facebook sur L'Equipe.fr, merci d'utiliser Internet Explorer 7 ou 8, Firefox, Chrome ou Safari. |
||