Blanc. Comme la neige. Comme la copie que les sauteurs français sont en train de rendre lors de la saison 2005-2006. Pour l'instant, deux d'entre eux, Emmanuel Chedal et David Lazzaroni, continuent à disputer les différentes étapes de la Coupe du monde. Leurs meilleurs résultats ? Une 31e place pour Chedal à Harrachov en République tchèque. Lazzaroni a fini 22e du même concours. «
On a vite attaqué sur la neige et je manquais d'entraînement, analyse Chedal.
Du coup, j'ai perdu techniquement. Mais les écarts sont minimes. Peut-être faut-il changer de stratégie ? On en discute actuellement.» Nicolas Dessum, qui était entré dans l'histoire en remportant une épreuve de Coupe du monde en 1995, a même été retiré du circuit, à la demande de ses entraîneurs, pour mieux se ressourcer. Le saut français a la gueule de bois. Le plus dur dans l'histoire, c'est de penser qu'il y a encore dix ans, les résultats étaient prometteurs. Outre le succès en Coupe du monde de Dessum, l'équipe de France avait terminé à la quatrième place du concours par équipes lors des Championnats du monde de 1993 et de 1995. C'était l'époque des Jérôme Gay, Didier Mollard, Steeve Delaup et autres Nicolas Jean-Prost. Pour résumer la situation, Nicolas Michaud, patron de l'actuel groupe France, déclare : «
La filière saut à skis est cassée. Ces dernières années, nous n'avons pas réinvesti chez les jeunes. Du coup, nous faisons avec les moyens que nous avons.»
Pour l'heure, aucun sauteur français n'a sa place aux prochains Jeux Olympiques d'hiver à Turin. Pour y accéder, il faut terminer quatre fois dans les vingt premiers d'un concours. «
Des critères difficiles» pour Michaud. Chedal et Lazzaroni restent les deux espoirs pour la délégation française. «
Cela me paraît un peu compromis, concède toutefois Chedal.
Mais je ne me focalise pas sur Turin. Inutile de se mettre une pression supplémentaire sur les épaules. C'est déjà suffisamment difficile comme ça. Je préfère prendre les épreuves comme elles viennent.» Et s'il parvenait à décrocher son billet, ce serait pour faire quoi en Italie ? «
L'objectif du début de saison était de le voir autour des dix premiers,glisse Nicolas Michaud.
Malgré de maigres résultats, nous restons sur cette idée. C'est peut-être plus facile de faire un résultat aux Jeux car il y a moins d'athlètes engagés.» Emmanuel Chedal, 22 ans et originaire de Brides-les-Bains, a déjà participé aux Jeux de Salt Lake City en 2002. Il avait terminé 28e du concours sur le grand tremplin. «
C'était impressionnant» déclare le jeune homme, qui a débuté dans la discipline à l'âge de sept ans.
Pour relancer la discipline, Nicolas Michaud mise sur la formation. «
Il faudrait regrouper les meilleurs jeunes, dit-il.
Aujourd'hui on en compte une quinzaine. La fédération est d'accord avec nous sur ce point. Depuis un an et demi, un nouveau dialogue s'est instauré avec les dirigeants. Mais nous arrivons au terme d'un cycle olympique. Donc il n'y a pas de budget disponible pour le moment. Il faut attendre.» Le saut à skis français dispose d'une enveloppe annuelle de 600 000 euros mais doit la partager avec le combiné nordique, un sport qui a rapporté trois médailles olympiques depuis treize ans (Fabrice Guy et Sylvain Guillaume en 1992, l'équipe de France en 1998). Et surtout les montants alloués n'ont pas augmenté depuis sept ans, contrairement à d'autres disciplines.
En France, le saut à skis représente quatre cents licenciés et une quinzaine de clubs. Il existe deux sites avec grand tremplin à Courchevel et à Prémanon et des structures plus petites à Chamonix, à Autrans et dans les Vosges. Ces dernières ne sont pas aux normes pour accueillir des épreuves internationales. Mais le saut, c'est aussi une activité intense dès les premiers jours de l'été. L'équipe de France démarre sa préparation à la mi-mai. Un circuit estival a également été créé. «
On ne peut pas faire l'impasse là -dessus, reconnaît Michaud.
Au niveau technique, c'est la même chose.» «
Cela représente plus d'entraînements et des compétitions de haut niveau,renchérit Chedal.
Cela permet de se situer avant d'attaquer l'hiver.» Confiné dans une discipline discrète dans notre pays - Chedal explique : «
C'est dommage. Mais en même temps, il n'y a pas beaucoup d'endroits où pratiquer. Je note que la télévision diffuse quand même de plus en plus de concours» - le saut à skis peut compter sur la motivation de ses pratiquants. Emmanuel Chedal, lié aux Douanes par un contrat, n'a-t-il pas laissé de côté ses études de technique de commercialisation pour mieux se consacrer à son sport ?

Deux semaines après la fin des Jeux olympiques, la flamme va à nouveau briller sur...




Mise à jour de votre statutVotre statut a bien été modifié et est désormais visible par tout vos amis. |
||
Navigateur non compatiblePour utiliser les fonctionnalités de Facebook sur L'Equipe.fr, merci d'utiliser Internet Explorer 7 ou 8, Firefox, Chrome ou Safari. |
||