L'Italie déjà . Le 13 novembre dernier, sur la glace de Bormio, lors de la troisième étape de la Coupe du monde de short-track, le relais féminin (Stéphanie Bouvier, Choi Min Kyung, Myrtille Gollin et Céline Lecompère) bat le record de France du 3 000 mètres en 4'18'' 330 et se classe cinquième, aux portes de la finale. Une semaine plus tard, aux Pays-Bas cette fois, les relayeuses tricolores récidivent. Bingo ! Ces deux résultats leur donnent accès aux prochains Jeux d'hiver à Turin (10-26 février). Pour accéder au Graal olympique, il fallait figurer parmi les huit meilleurs relais de la planète. Les performances établies à Bormio et à La Haye n'ont fait que confirmer la situation du relais français depuis sa constitution. En Chine et en Corée du Sud, en octobre dernier, durant les deux premières manches de Coupe du monde (mais celles-ci n'étaient pas qualificatives pour les Jeux), les Françaises s'étaient classées sixièmes à chaque fois. Lors de la saison 2004-2005, elles étaient même montées sur le podium des Championnats d'Europe avec une médaille d'argent autour du cou.
«
Cela fait un an et demi que le relais a été constitué», explique Christelle Gauthier, directrice des équipes de France de patinage de vitesse et de short-track. Il se compose de Stéphanie Bouvier (24 ans), leader du patinage français sur piste courte et vice-championne d'Europe en 2003, Choi Min Kyung (23 ans), Sud-coréenne naturalisée française, la plus expérimentée avec deux titres olympiques en relais en 1998 et 2002, Myrtille Gollin (21 ans) et Céline Lecompère (22 ans). Plus la jeune Véronique Pierron (16 ans) qui fait office de remplaçante. «
Tout n'a pas été simple au départ, poursuit Christelle Gauthier.
Les filles s'entraînaient dans différents clubs. Il a fallu les faire adhérer au projet de créer un relais, leur faire croire qu'une médaille était possible.» Car aujourd'hui le short-track français ose penser qu'un podium olympique est envisageable sur la distance. «
La Corée du Sud et la Chine sont intouchables, constate Gauthier.
Mais les autres nations, nous pouvons les rattraper. Notre progression est constante. Nous pouvons raisonnablement espérer une médaille. Pour moi, qui suis quelqu'un de relativement prudent, ce n'est pas une utopie
.»
Même optimisme chez Stéphanie Bouvier : «
La médaille, j'y crois. Nous sommes à notre place au niveau mondial et tout est possible si nous atteignons la finale. Cela me fait plaisir que le relais se soit qualifié. A Salt Lake City, il n'y en avait pas eu.» Bouvier est la seule des quatre Françaises à avoir participé aux Jeux sous les couleurs bleu-blanc-rouge (18e sur 500m, 12e sur 1 000m, 11e sur 1 500m en 2002). Cette Bourguignonne de 24 ans patine depuis son plus jeune âge. «
Par souhait familial. Mais j'ai bien accroché avec les idées de courses, de glissades et même de gamelles. Et puis il faut aimer les sensations fortes et c'est mon cas.» Pour Stéphanie Bouvier, la saison actuelle est synonyme de revanche. La Française a été victime d'une luxation de la hanche il y a deux saisons et a dû s'arrêter un an pour préparer son retour. La jeune femme s'entraîne une quinzaine d'heures par semaine et partage son temps avec un poste d'assistante de direction. «
Un contrat d'insertion pro signé entre la fédération et mon employeur. Une place rêvée pour un sportif de haut niveau.»
Quel va être maintenant le programme des relayeuses françaises avant les Jeux ? Tout le mois de décembre et les quinze premiers jours de janvier se passeront «
à la maison» dixit Stéphanie Bouvier. «
Ce qu'il y a de mieux, je pense, continue la Dijonnaise.
J'aime bien être chez moi pour m'entraîner, j'y ai mes structures.» Les Bleues prendront ensuite la direction de la Pologne pour participer aux Championnats d'Europe (20 au 22 janvier 2006). Il y aura enfin un rassemblement à Albertville. Puis il sera temps de rejoindre Turin, là où les coeurs des Françaises battront de plus en plus fort. Le short-track dans notre pays compte dix-sept clubs pour sept cent dix licenciés. Et, pour Christelle Gauthier, si «
au niveau du public, ça commence à percer», nul doute qu'une médaille aiderait davantage au développement de la discipline.

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